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Restaurant et facture électronique : guide pour la restauration

Restaurateur, traiteur, food truck : la facturation électronique et le e-reporting concernent la restauration dès 2026. Guide complet pour se préparer.

Par Shubham Sharma ·

Le e-reporting est l’obligation centrale pour la restauration

Restaurateur, traiteur, food truck, bar : la réforme de la facturation électronique vous concerne, mais pas de la manière dont vous l’imaginez peut-être. Pour la restauration, l’enjeu principal n’est pas le e-invoicing (factures B2B), c’est le e-reporting, la transmission des données de vos ventes aux particuliers à la DGFiP.

J’ai analysé les obligations spécifiques à la restauration. Un restaurant réalise en moyenne 90 à 95 % de son chiffre d’affaires en B2C (clients qui mangent sur place ou en livraison). Ces ventes ne génèrent pas de factures électroniques au sens de la réforme, mais les données doivent être transmises via le e-reporting.

Calendrier pour la restauration

DateObligationDétails
1er septembre 2026Réception obligatoireRecevoir les factures électroniques de vos fournisseurs (grossistes, Métro, Brake, prestataires) via une PA
1er septembre 2027Émission obligatoireÉmettre vos factures B2B au format électronique (traiteur pour entreprises, restauration collective)
1er septembre 2027E-reporting obligatoireTransmettre les données agrégées de vos ventes B2C quotidiennes

La quasi-totalité des restaurants sont des TPE. La première échéance concrète est septembre 2026 : vous devez avoir une plateforme agréée pour recevoir les factures de vos fournisseurs. Le calendrier complet détaille toutes les étapes.

Comment le e-reporting fonctionne pour un restaurant

Le e-reporting en restauration fonctionne par transmission de données agrégées. Vous ne transmettez pas chaque ticket de caisse individuellement : votre plateforme agréée envoie un récapitulatif, généralement quotidien, contenant les totaux ventilés par taux de TVA.

La ventilation par taux de TVA est la particularité de la restauration. J’ai identifié les taux applicables :

Taux de TVAPrestations concernées
10 %Consommation sur place (repas, boissons non alcoolisées), livraison
5,5 %Vente à emporter de produits alimentaires (plats, sandwichs, pâtisseries)
20 %Boissons alcoolisées (sur place et à emporter)

Votre caisse enregistreuse gère déjà cette ventilation pour les Z de caisse. Le e-reporting exploite ces mêmes données pour les transmettre automatiquement à la DGFiP via votre plateforme agréée.

L’intégration avec votre caisse enregistreuse

La caisse enregistreuse est le point névralgique de votre mise en conformité. En restauration, tout passe par la caisse : encaissements, ventilation TVA, Z de caisse. Le e-reporting doit s’alimenter depuis cette même source.

Les principaux éditeurs de caisses pour la restauration (Lightspeed, SumUp, Zelty, Tiller, L’Addition) préparent leurs mises à jour avec intégration PA et module e-reporting.

Mon conseil : contactez votre fournisseur de caisse avant l’été 2026. Demandez la date de disponibilité du module e-reporting et la liste des PA compatibles.

Les factures B2B : un volet secondaire mais réel

Même si le B2C domine en restauration, le e-invoicing B2B s’applique dans plusieurs cas :

  • Traiteur pour entreprises : les factures de prestations traiteur à des clients professionnels doivent transiter par la PA.
  • Restauration collective : cantines d’entreprise, plateaux repas, conventions avec des sociétés.
  • Notes de restaurant avec facture : quand un client professionnel demande une facture au lieu d’un ticket, cette facture entre dans le circuit e-invoicing si le client est assujetti à la TVA.

Pour ces cas, votre plateforme agréée doit aussi gérer le e-invoicing en complément du e-reporting.

Quelle plateforme agréée pour un restaurateur

Les critères pour un restaurant sont : intégration native avec votre caisse enregistreuse, gestion du e-reporting B2C avec ventilation TVA multi-taux, et simplicité (un restaurateur n’a pas le temps de saisir des données manuellement).

En pratique, deux approches existent :

Approche intégrée : votre caisse transmet automatiquement à une PA partenaire. Approche séparée : une PA indépendante (Pennylane, Tiime) récupère les données via export ou API.

Consultez notre comparatif des plateformes et la liste des PA pour identifier les solutions compatibles avec votre caisse.

Coût pour un restaurateur

PosteCoût estimé
Mise à jour de la caisse enregistreuseSouvent inclus dans l’abonnement existant
Plateforme agréée5 à 30 EUR/mois selon la solution
Formation du personnelQuelques heures, pas de coût direct si formation interne

Les sanctions pour défaut de e-reporting sont de 500 EUR par transmission manquante, plafonnées à 15 000 EUR par an. Pour un restaurant oubliant ses transmissions quotidiennes pendant un mois, le plafond est atteint rapidement. Le coût de la conformité est dérisoire comparé au risque.

Comment se préparer

  1. Contactez votre fournisseur de caisse enregistreuse dès maintenant. C’est la première étape et la plus importante pour un restaurateur.

  2. Inscrivez-vous sur une plateforme agréée compatible avec votre caisse avant septembre 2026.

  3. Vérifiez vos factures fournisseurs : êtes-vous prêt à les recevoir au format électronique ? Testez avec notre validateur.

  4. Formez votre équipe aux nouvelles procédures, même si l’essentiel est automatisé par la caisse.

  5. Parlez-en à votre expert-comptable pour coordonner la transition et anticiper l’impact sur votre comptabilité.

Si vous êtes restaurateur en micro-entreprise (food truck, petite activité traiteur), les mêmes obligations s’appliquent avec le même calendrier.

Questions fréquentes

Un restaurant qui ne facture que des particuliers est-il concerné ?

Oui. Même si un restaurant ne réalise que des ventes B2C (clients particuliers), il est soumis au e-reporting : transmission des données agrégées de ventes à la DGFiP via une plateforme agréée. Il doit aussi pouvoir recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs (grossistes alimentaires, prestataires) dès septembre 2026.

Comment fonctionne le e-reporting pour un restaurant ?

Le restaurant transmet via sa plateforme agréée un récapitulatif agrégé de ses ventes B2C, ventilé par taux de TVA (10 % pour la consommation sur place, 5,5 % pour la vente à emporter). La transmission est quotidienne ou selon la périodicité définie par la DGFiP. Ce ne sont pas les tickets individuels qui sont transmis, mais les totaux agrégés.

Ma caisse enregistreuse de restaurant est-elle compatible ?

Les caisses enregistreuses certifiées NF 525 utilisées en restauration (Lightspeed, SumUp, Zelty, Tiller, L'Addition) doivent être mises à jour pour intégrer le e-reporting. Contactez votre fournisseur de caisse pour connaître sa feuille de route et les mises à jour prévues avant septembre 2026.

Quels taux de TVA un restaurant doit-il ventiler dans le e-reporting ?

Un restaurant doit ventiler ses ventes par taux de TVA applicable : 10 % pour la consommation sur place et la livraison, 5,5 % pour les ventes à emporter de produits alimentaires, 20 % pour les boissons alcoolisées. Cette ventilation doit apparaître dans chaque transmission e-reporting.

Quel est le coût de la mise en conformité pour un restaurant ?

Le coût principal est la mise à jour de la caisse enregistreuse (souvent incluse dans l'abonnement) et l'abonnement à une plateforme agréée (5 à 30 EUR/mois selon la solution). Le coût est déductible en charge d'exploitation. Les sanctions pour défaut de e-reporting sont de 500 EUR par transmission manquante.